La nouvelle technologie sera cadrée par des licences en cours de validation auprès du régulateur du marché. Seul bémol, la 4G rencontre des problèmes de déploiement dans d’autres pays.
Promise pour fin 2011, la 4G ne sera finalement déployée que durant les premiers mois de l’année prochaine. L’appel d’offres pour l’octroi des premières licences, relatives à cette nouvelle technologie, devra être lancé au premier trimestre 2012. L’Agence nationale de réglementation des télécoms (ANRT) nous l’a officiellement confirmé. La date de lancement de cette procédure fera partie du plan d’action pour le déploiement du haut et très haut débit, selon le top management de l’autorité de régulation. Le projet d’introduire la nouvelle technologie mobile 4G, à haut débit, figure dans la Note d’orientations stratégique pour le secteur des télécoms, adoptée en février 2010. Les trois opérateurs du marché, qui commercialisent actuellement la 3G et 3G+, affichent un grand intérêt pour la future technologie qui permettra au téléphone mobile d’atteindre des débits réels pour le consommateur dépassant 1 Mo/s. Sans compter les enjeux commerciaux, au vu de l’explosion de la téléphonie mobile 3G au cours des deux dernières années. La mobilité a boosté le parc d’internautes, totalisant 80,83% du nombre d’abonnés Internet, à fin septembre 2011. Face au risque de saturation des fréquences 3G, déjà constaté au niveau de plusieurs pays, le haut débit mobile, dit 4G (appelé la technologie LTE – Long term evolution), se présente comme une réelle alternative : elle utilise de manière optimisée les bandes de fréquences et est particulièrement adaptée pour les usages nécessitant le transfert de volumes très importants de données (vidéo Haute Définition, jeux en réseaux…).Des bruits du marché avaient laissé entendre que l’opérateur Inwi lancerait la 4G ce mois de décembre. Des rumeurs infondées puisque l’Agence n’a même pas lancé l’appel d’offres relatif à l’octroi de cette technologie. La 4G bloquerait la TNT
Un seul point risque de chambouler les ambitions de l’Agence pour la 4G. Les essais techniques réalisés par d’autres pays ont montré des « complications ». Notamment en France où les licences pour le haut débit mobile sont en stand-by. En octobre dernier, le Conseil supérieur français de l’audiovisuel (CSA) a expressément demandé aux opérateurs télécoms du pays de cesser leurs essais concernant la 4G. Raison invoquée : des brouillages importants causés par ses essais, empêchant même le visionnage des chaînes télévisées sur la TNT. Au Maroc, le ton adopté par le régulateur du marché se veut plutôt rassurant. En effet, auprès de l’ANRT, on nous confirme que pour le cas français, malgré les études de cohabitation effectuées au niveau international, il semblerait que les problèmes de brouillage de la TNT par les ondes 4G soient plus importants que prévu. Et pour le Maroc ? L’Agence ne fournit pas d’explications détaillées. « Les essais et tests ne peuvent être concrétisés qu’après avoir défini le spectre de fréquences nécessaire pour le déploiement des réseaux mobiles 4G au niveau national », explique-t-on auprès de l’ANRT. Rappelons que l’Etat entend lancer un plan national pour le développement du très haut débit, nécessaire au développement de services à valeur ajoutée dans la téléphonie mobile (télévision, vidéo, applications professionnelles…) et l’Internet (jeux, téléchargement, transmission de données…). L’étude relative à ce plan devrait être validée par le prochain conseil d’administration de l’ANRT. Selon nos sources, une réflexion est en cours au niveau du ministère de tutelle pour étudier les pistes de financement d’outils devant couvrir l’ensemble du territoire en Internet haut débit et très haut débit.
Le plan national pour le HD bouclé
C’est début 2011 que l’Agence avait lancé une étude pour se doter d’un plan national pour l’Internet très haut débit. Réglementation, choix technologiques, infrastructures à mettre en place…tout y est passé. A l’époque, des observateurs doutaient de voir les opérateurs suivre automatiquement le régulateur du marché dans ses ambitions. Des doutes nourris par une déclaration du top management d’Inwi, Frédéric Debord, qui avait précisé que sa société dispose d’« une vision économique pour la fibre optique ». A l’époque, un haut cadre de l’Agence avait répondu que le Maroc était « décidé à ne pas rater le virage de l’Internet très haut débit » et que le gouvernement n’hésitera pas à activer les leviers dont il dispose pour y arriver. « Il n’est pas du ressort des opérateurs de fixer les objectifs socioéconomiques du pays. Cela relève des missions de l’Exécutif », laissait entendre notre source à l’ANRT. Rappelons que le plan en cours de validation à l’ANRT aborde trois axes. Le premier compte évaluer le volume des besoins pour les 10 prochaines années et les infrastructures nécessaires à mettre en place pour le haut débit. Le deuxième consiste à préparer des modèles de financement pour installer et exploiter les infrastructures de télécommunications à haut débit. Troisièmement, arrêter les dispositions réglementaires pour accompagner ce projet. L’étude qui sera lancée par l’Agence permettra de déterminer les infrastructures à mettre en place, dans les différents lotissements urbains mais aussi dans les zones d’activité.
Ecoplus
Publié
le 28 novembre 2011





